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Entre ALPEs et Provence


le petit luberon

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Intérêt géologique : un chaînon calcaire marquant la limite sud des chaînons subalpins. Structure anticlinale avec écailles déversées vers le sud.
Intérêt ornithologique : oiseaux de Provence (Fauvette mélanocéphale) et de moyenne montagne (Grand Corbeau).
Autres intérêts : grands espaces, vues lointaines, beau village d'Oppède le Vieux.
Durée aller-retour : environ 7 heures, hors arrêts.
Difficulté :
itinéraire relativement long. En été, attention à la chaleur et aux chemins parfois fermés pour risques d'incendies. Bref passage un peu exposé, mais sur bon sentier, à la sortie du Vallon de Combrès.
Point de départ : parking à l'extérieur d'Oppède le Vieux - Coordonnées GPS : 43.8311 ; 5.1590

Voir aussi :
oiseaux lubéron
Le parcours (pointillés rouges)
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source fond de carte : http://infoterre.brgm.fr/ (2020)
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Source fond de carte : http://infoterre.brgm.fr/ (2020)
L'itinéraire proposé se situe dans le Parc Naturel Régional du Lubéron. Nous allons traverser le massif du Petit Lubéron en partant de sa bordure nord, pour aller presque jusqu'à sa bordure Sud. Nous nous déplacerons également selon son axe est-ouest avant de revenir à notre point de départ.

Le Petit Lubéron se trouve à l'est d'Avignon et au Nord de Salon de Provence. Ce chaînon calcaire, trait d'union entre les Alpilles à l'ouest et le Grand Lubéron à l'est, permet d'arpenter de beaux paysages arides mêlant plateaux, gorges et falaises. La géologie dominante est celle des calcaires urgoniens, très répandus dans les Alpes (surtout Zone Dauphinoise), en Provence et dans les Pyrénées (Zone Nord Pyrénéenne). Le terme d'Urgonien provient de la petite ville d'Orgon, située à dix kilomètres à l'ouest de cet itinéraire. Un autre itinéraire avec des calcaires urgoniens : le Pont du Gard. 

La structure géologique du Petit Lubéron est intéressante. Il s'agit d'un pli déversé vers le sud, faillé plusieurs fois de telle sorte qu'il forme des écailles. Les géologues considèrent souvent que le Petit Lubéron appartient aux Alpes subalpines et qu'il chevauche les terrains de la Provence. 

La faune et la flore de cet itinéraire sont de type provençal. On rencontrera aussi des espèces trouvant refuge dans les moyennes montagnes, comme le Grand Corbeau. Le Vautour Percnoptère et l'Aigle de Bonnelli sont réputés présents dans ce massif (nous ne les avons pas vus lors de notre rapide excursion d'automne).

L'itinéraire proposé est relativement long. Si les journées sont courtes, nous serons peut-être rattrapés par la nuit avant la fin de la balade. Ce qui sera une bonne chose. On verra la lune se lever et, dans la fraicheur du soir, nous entendrons Monsieur Seguin appeler sa chèvre. Car nous sommes ici dans son pays.
​
Voir aussi :
légende géol. détaillée
Oiseaux Lubéron
Les Alpes
Les Pyrénées
Le contexte géologique

Observons les cartes géologiques avec plus ou moins de recul.

Commençons par la vue d'ensemble, à l'échelle de la Provence, du Sillon Rhodanien et des Alpes du Sud : prenons un extrait de la carte au 1/1 000 000ème de la France.

Sur cette carte (voir ci-dessous), nous avons positionné une flèche noire à l'emplacement de l'itinéraire. La flèche pointe une bande allongée d'est en ouest, de couleur verte. Le vert indique généralement des roches sédimentaires d'âge Crétacé sur les cartes géologiques. C'est le cas ici. Cette bande verte englobe le Petit Lubéron à l'ouest et le Grand Lubéron à l'est. Interrompue par la dépression empruntée par la Durance (zone grise sur la carte), la bande verte se poursuit à l'ouest par le massif des Alpilles, également d'âge Crétacé. Ces mêmes terrains notés en vert (avec l'indice c1 signifiant Crétacé Inférieur sur la carte au 1/1 000 000ème) sont également présents plus au nord (Vaucluse), plus au sud (Provence) et plus à l'ouest (Gard).​
 
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Source : http://infoterre.brgm.fr/ (2020)
Voir aussi :
échelle stratigraphique
Géologie France

Regardons à présent d'un peu plus près. Passons pour cela à la carte géologique au 1/250 000ème. L'itinéraire est représenté schématiquement (pointillé rouge). Le Petit Lubéron est la masse brune (indice n4) et verte (indice n1-3). On constate que la zone verte est prise en sandwich entre deux zones brunes. Cette structure en sandwich est visible dans la moitié ouest du Petit Lubéron. Ceci provient de la structure plissée du massif. Les terrains les plus anciens (couleur verte) sont encadrés par les terrains les plus jeunes (couleur brune). Il s'agit d'un pli que l'on pourrait prosaïquement qualifier de pli en bosse (par opposition à un pli qui serait en creux, avec les terrains les plus jeunes en son cœur). C'est ce qu'on appelle un anticlinal.
 
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Source : http://infoterre.brgm.fr/ (2020)
 
Notons les traits noirs reportés sur la carte au 1/250000ème. Les traits simples sont des failles. Les traits bordés de festons représentent des chevauchements, c'est à dire des terrains recouvrant d'autres terrains suite à un mouvement tectonique.
L'itinéraire va nous permettre d'entrer dans les détails.
 
Démarrage et parcours

Afin de ne pas encombrer le beau village d'Oppède le Vieux avec des voitures inutiles, se garer dans le parking sur le flanc de colline, à gauche en montant au village par le nord-ouest.

Nous sommes garés sur une colline d'âge Miocène moyen (Helvétien, pour être précis, environ 15 Millions d'années - Ma). Ces terrains, des marnes sableuses et des molasses, sont peu résistants et donnent des reliefs doux.

Partir à pied par la petite route qui monte au village, puis, avant d'arriver au village, piquer à droite sur le GR6/GR97 (petit escalier peu visible). Descendre dans les jardins sous le village en direction du hameau de Tombereau. Nous sommes passés sur le flanc Nord de la colline d'Oppède le Vieux. Cette colline est séparée de la colline où nous nous sommes garés. Cette seconde colline, comme la première, est d'âge Miocène, mais plus ancien : Miocène inférieur (Burdigalien ; environ 20 Ma). Nous restons dans des molasses, avec une composition calcaire plus marquée que ne l'était l'Helvétien de notre parking. Il en résulte un relief légèrement plus prononcé. Notons sur la carte géologique que toute la frange nord du Petit Lubéron est festonnée par cet horizon molasso-calcaire du Burdigalien. Il en résulte un chapelet de petites collines.

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Départ (et arrivée) de l'itinéraire. Source : Infoterre, 2020
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Départ (et arrivée) de l'itinéraire. Source : infoterre, 2020
Notons, toujours sur la carte géologique, la présence d'une frange de terrains différents sur le flanc Sud de la colline d'Oppède le Vieux. Il s'agit de molasses, toujours du Burdigalien, mais de composition plus gréseuse. Plus tendres que les molasses calcaires, elles forment une dépression. 
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Molasse gréseuse du Lubéron, d'âge Burdigalien (20 Ma)

Après un virage vers le sud, nous quittons le GR et abordons le sous-bois du Petit Lubéron. Nous entrons dans le Vallon de Combrès. Changement de paysage. Un calcaire blanc, massif, fait son apparition. Il est sous nos pieds, et bientôt il est au-dessus de nous sous forme de hautes falaises.

Nous voyons des excavations naturelles dans la roche (grottes, arches). L'une d'entre elle est au bord du chemin, sur notre droite, parfaitement accessible.
 
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Arche et grotte creusées par l'eau dans les calcaires urgoniens
 
 
Ce calcaire massif est le fameux calcaire urgonien, qui constitue une grande partie des falaises des Alpes Dauphinoises (Grande Chartreuse, Vercors, etc.), de Provence et des Pyrénées françaises. C'est un calcaire récifal. Il s'est formé dans des mers tropicales peu profondes. On y trouve des fossiles, et notamment des rudistes. Il date du Crétacé inférieur, plus précisément du Barrémien (qui débute il y a 130 Ma) à l'Aptien (qui se termine il y a 112 Ma). Il est noté "nu" sur la carte géologique au 1/50 000ème.
 


​

Les falaises se font de plus en plus marquées lors de notre progression dans le Vallon de Combrès. C'est dans ces gorges que nous pourrons rencontrer le Grand Corbeau, oiseau magnifique que l'on trouvait autrefois dans les campagnes et dans les forêts de plaine. Il se cantonne aujourd'hui dans les falaises de bord de mer et de montagne. Nombre d'oiseaux ont fait de même (le Faucon Pélerin, par exemple). Nous croyons par erreur que ces espèces sont endémiques des habitats rupestres. Il ne s'agit en fait que d'une stratégie de survie.
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Falaises urgoniennes du Vallon de Combrès. Remarquer l'amorce de grotte, forme d'érosion par dissolution. Remarquer également l'inclinaison des couches vers la droite (pendage vers le nord)
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Falaises urgoniennes, Vallon de Combrès. A nouveau, on observe un pendage vers le Nord.

Les figures de dissolution du calcaire s'observent aussi à petite échelle, sur les blocs à nos pieds.

Voir aussi :
Oiseaux du Lubéron
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Figures de dissolution du calcaire (trous sombres)
 
Le sentier s'élève, et au bout d'une petite heure de marche, on sort des gorges pour atteindre un plateau, toujours sur les calcaires urgoniens. Nous arrivons sur une petite route que nous prenons sur notre gauche vers l'est pour rejoindre le GR6/GR97, que nous prenons sur notre droite vers le sud (lieudit Bastidon du Pradon).
 
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Sortie du Vallon de Combrès. Vue vers le nord : au premier plan, les falaises urgoniennes ; plus loin, la plaine molassique séparant le Petit Lubéron du Plateau du Vaucluse ; au fond à droite, le Mont Ventoux (1910 m).
 

Alors que le chêne blanc (ou pubescent) est bien présent sur le versant nord du Petit Lubéron, le plateau sommital est couvert par une végétation basse, buissonneuse, parsemée de petits conifères. C'est la garrigue, typique des milieux calcaires secs. Cependant, il serait faux de penser que nous sommes en présence d'une couverture végétale naturelle. Comme à peu près partout en Europe, la forêt d'origine a disparu, sous la main de l'homme qui déboise depuis 5000 ans. La forêt, écosystème fragile, a été remplacée par une végétation plus robuste, capable de pousser sur des terrains d'où le substratum fertile a quasiment disparu pour laisser la place à une roche affleurante. ​Pour une réflexion plus vaste sur la protection de l'environnement, voir l'itinéraire dans le Marais Poitevin.

​Le plateau sommital est vite traversé. Nous découvrons le paysage du versant sud, très ouvert. Les calcaires urgoniens forment un front quasi continu de falaises tortueuses.
 
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Versant Sud du Petit Lubéron. Vue depuis le plateau sommital en regardant vers l'ouest. Les falaises sont constituées de calcaire urgonien. Observer la légère inclinaison des couches calcaires vers la droite (léger pendage vers le nord)
 
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Versant sud du Petit Lubéron. Vue depuis le plateau sommital en regardant vers l'est. Observer les reliefs urgoniens constituant le plateau sommital. Observer la légère inclinaison de ces couches vers la gauche (pendage vers le nord)
 

On pourra remarquer que les couches de calcaire urgonien, qui forment ce plateau sommital, descendent très légèrement vers le nord. Bien qu'étant sur le flanc sud de la chaîne du Petit Lubéron, nous sommes encore sur le flanc Nord de la structure géologique, cet anticlinal mentionné plus haut. Ceci explique ce pendage vers le nord.

En regardant vers le sud, nous découvrons le vaste paysage du cœur de l'anticlinal, vallonné et plus doux. Il s'agit de calcaires de l'Hauterivien (environ 135 Ma ; indice n3 sur la carte géologique au 1/50 000ème), généralement blanchâtres, à gros bancs, formant quelques falaises. Puis, en portant le regard plus loin au sud, toujours en contrebas, nous voyons le flanc sud de l'anticlinal, à nouveau constitué de calcaires urgoniens, mais cette fois-ci à plus basse altitude. Enfin, notre regard embrasse la vaste plaine alluvionnaire qui s'étend jusqu'à l'Etang de Berre et la Méditerranée.

 
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Vue vers le Sud depuis le haut de la falaise urgonienne.
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Explications de la vue vers le sud : successivement, le flanc nord, puis le cœur de l'anticlinal, et au-delà, le bord sud de l'anticlinal, puis la plaine alluvionnaire.
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Le décalage entre la topographie et la structure géologique : la ligne de crête n'est pas au cœur de l'anticlinal (Fond de carte : infoterre, 2020)
 
Après avoir admiré la vue depuis le haut de la falaise, nous revenons en arrière pour trouver un passage permettant de descendre vers le sud. Nous allons entrer dans le cœur de l'anticlinal.

 
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Partie sud de l'itinéraire : au cœur de l'anticlinal (fond de carte : Infoterre, 2020)
 
 
Une fois arrivés sous la falaise urgonienne, nous abordons des pentes douces. Le calcaire hauterivien ne génère pas ici de relief saillant. En descendant davantage, nous entrons dans le haut des Gorges de Régalon. Le calcaire hauterivien forme ici de belles falaises. La stratification est quasi-horizontale.
 
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Falaise de calcaire hauterivien dans le haut des Gorges de Régalon. Couches quasi-horizontales.
 
A la faveur d'une interruption des gorges (elles reprennent plus au sud, mais nous n'y passerons pas), nous obliquons à gauche, plein est. Nous sommes à nouveau sur le calcaire urgonien. La traversée du cœur de l'anticlinal aura été rapide, de l'ordre de 30 minutes.

En progressant vers l'est, nous longeons la limite entre l'hauterivien et l'urgonien. Un peu avant la Font de l'Orme, nous entrons dans une zone plate cultivée. Il s'agit d'un petit bassin rempli de marnes sableuses du Miocène (Helvétien). Ces marnes ont été déposées sur les calcaires hauteriviens. Une centaine de millions d'années s'est écoulée entre le dépôt des calcaires et celui des marnes sableuses. L'orientation des couches sédimentaires des calcaires et des marnes ne sont pas identiques. On dit qu'il y a discordance.

 
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La petite plaine miocène au cœur de l'anticlinal, près de la Font de l'Orme.
 
Au niveau de la Font de l'Orme, remonter au nord dans la Combe de l'Euse. Le sentier vient buter sous la falaise urgonienne. Il oblique alors à l'est. Nous gravissons la pente et débouchons à nouveau sur le plateau sommital. La vue vers le sud et le sud-est est splendide.

 
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Arrivée sur la crête ; vue vers le sud-est en fin d'après-midi. Au premier plan, les calcaires urgoniens. Plus loin, les pentes plus douces hauteriviennes.
 

Le sentier permet de rejoindre la petite route qui parcourt d'est en ouest le Petit Lubéron. La prendre sur la gauche, et progresser vers l'ouest jusqu'à rejoindre le carrefour avec le GR6/GR97, que l'on descendra sans difficulté vers Oppède le Vieux.
 

Mais comment en est-on arrivé là ?
Mise en perspective des observations


​Reconstituons à présent l'histoire du paysage que nous avons parcouru.

 

​Il y a fort longtemps, au Crétacé Inférieur, se sont déposés les calcaires hauteriviens (environ 132 Ma) puis urgoniens (environ 128 Ma). Très épais dans la région (600 m pour l'Hauterivien, 300 m pour l'Urgonien), ces calcaires sont l'indication d'une sédimentation marine, dans des eaux relativement chaudes (climat tropical pour l'Urgonien d'après les fossiles récifaux ; sédimentation en mer peu profonde). Les mêmes calcaires sont présents dans presque toute la Provence.
Voir aussi :
echelle stratigraphique
 

​La mer s'est par la suite peu à peu retirée. Elle a totalement disparu de la région au Crétacé Supérieur, pour être plus précis au Sénonien (environ 90 Ma). La sédimentation s'est alors faite plus rare sur la région, plus continentale, alors qu'elle reste marine et abondante plus au sud. Des dépôts lacustres sont ainsi retrouvés dans le Lubéron à la fin du Crétacé. Indiscutablement, la région du Lubéron est émergée. Cette zone, qui part de l'actuelle vallée du Rhône au sud d'Avignon et va jusqu'à l'actuel région de Cannes, est appelée l'Isthme Durancien, car elle correspond pour partie à la position de la Durance actuelle. Cette zone émergée sépare deux provinces sédimentaires distinctes : la Mer Alpine au nord (mer de plateau continental, typiquement 200 m de profondeur), le Golfe Provençal au sud (mer de moins en moins profonde au cours de la surrection de la Provence par le sud ; le Golfe Provençal est bordé au sud par la chaîne Pyrénéo-Provençale, formant une chaîne de montagne continue, et qui sera fracassée plus tard par l'effondrement de la Mer Méditerranée. Mais ceci est une autre histoire qui nous entrainerait trop loin du Lubéron).

 
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Carte de l'Isthme Durancien au Crétacé Supérieur (d'après Debelmas, simplifié)
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Coupe de l'Isthme Durancien au Crétacé Supérieur (d'après Debelmas, simplifié)

Le Lubéron est donc, à cette époque, intégré dans un relief qui sépare les Alpes de la Provence.

Cette sédimentation lacustre se poursuit, et s'élargit à l'Eocène Moyen (Lutécien, environ 45 Ma) dans les zones occupées actuellement par les plaines au Nord du massif du Lubéron (synclinal d'Apt) et dans la région d'Aix-en-Provence. 
 

Cette phase d'émersion de la région conduit à son érosion.
​ 
La mer est revenue dans la région à l'Oligocène (environ 30 Ma), plutôt timidement, sous une forme lagunaire. Dans le massif du Lubéron, ces dépôts sont "transgressifs" sur des couches plus anciennes, y compris l'Hauterivien.  Ceci signifie qu'il n'y pas eu de sédimentation entre ces couches anciennes et l'Oligocène, ou qu'il y a eu érosion des anciennes couches avant le dépôt des nouvelles couches.  
 

La mer est toujours présente au début du Miocène (23 Ma). Elle envahit toute la région à l'exception des reliefs de l'époque. Le Lubéron constitue toujours un bombement, par endroit immergé (haut fond marin), par endroit émergé. Cette mer miocène dépose les molasses évoquées au début de l'itinéraire, autour d'Oppède, et dans tout le synclinal d'Apt. Ces molasses, typiques des fins de cycles orogéniques, proviennent des Alpes pas tout à fait terminées. Nous sommes au Burdigalien (20 Ma).   

 
Pour d'autres itinéraires avec des molasses, voir:
Carcassonne-Escueillens
Pont du Gard
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Situation au Burdigalien (20 Ma)
 

A la fin du Miocène, vers 7 Ma, la région est soumise à ses derniers plissements, qui lui donne à peu près son aspect actuel. Ces déformations correspondent à la fin de l'orogénèse alpine (qui se termine il y a environ 4 Ma). Le Petit Lubéron, vraisemblablement déjà structuré en anticlinal, se plisse fortement, se déchire et se déverse vers le sud. Il se chevauche lui-même en son cœur (par exemple, à la Font de l'Orme ; encore plus flagrant dans le Grand Lubéron, hors de notre itinéraire). Il vient aussi chevaucher la plaine provençale plus au sud.

​Pour un voyageur se déplaçant du nord vers le sud, le Petit Lubéron est le dernier pli Subalpin avant la Provence. 
Voir aussi :
Les Alpes
les déformations souples
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La situation à la fin du Miocène, suite au dernier plissement (7 Ma). L'anticlinal du Petit Lubéron a conservé cet aspect aujourd'hui, avec ses deux chevauchements sur son flanc sud. L'itinéraire nous a permis de parcourir l'anticlinal depuis Oppède le vieux jusqu'au premier chevauchement en partant du Nord.
 
Pour finir, admirons le Petit Lubéron vu d'avion par un soir d'automne.
 
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Le Petit Lubéron, versant Sud, au coucher du soleil, vu d'avion en décollant de Marseille-Provence.
 
Oiseaux Lubéron
accueil
Pour aller plus loin

  • Carte géologique de la France au 1/50 000 – Cavaillon, 967, Editions BRGM
  • Dictionnaire de géologie – 4ème édition, A. Foucault, J.-F. Raoult, Masson 
  • J. Debelmas, 1974, Géologie de la France, tome 2, Les chaines plissées du cycle alpin et leur avant-pays, Doin éditeurs 
  • https://www.accro2geologie.fr/menu/le-massif-du-luberon/
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